Démissionner d'un CDI : la lettre, le préavis et vos droits
Démissionner, c'est mettre fin à son CDI de sa propre initiative. La démarche est simple, mais quelques règles évitent bien des soucis : la façon de prévenir l'employeur, la durée du préavis, et les conséquences sur le chômage.
Faut-il écrire une lettre ?
La loi n'impose aucune forme : une démission peut même être annoncée oralement. Mais sans écrit, la date et votre volonté peuvent être contestées. La lettre est donc fortement conseillée, et certaines conventions collectives l'exigent.
Deux façons de la remettre :
- par lettre recommandée avec accusé de réception : la date de réception fait foi ;
- en main propre contre décharge : faites signer et dater un double par l'employeur.
La démission doit traduire une volonté claire et non équivoque. Évitez une lettre écrite sous le coup de la colère : une démission donnée dans un moment de tension peut être remise en cause, mais c'est source de litiges. L'employeur, lui, ne peut pas refuser une démission.
Que mettre dans la lettre ?
- Vos nom, prénom et adresse, ceux de l'employeur, le lieu et la date.
- Une phrase simple : « je vous informe de ma décision de démissionner de mon poste de… ».
- La durée du préavis et la date à laquelle vous quitterez l'entreprise, ou une demande de dispense de préavis.
- Votre signature.
Vous n'avez pas à donner de motif. Inutile de vous justifier ou de critiquer l'entreprise : une lettre courte et polie suffit.
Quelle durée de préavis ?
La loi ne fixe pas de durée. Elle dépend, dans cet ordre : de votre convention collective, de votre contrat de travail, ou à défaut des usages de la profession. En pratique, on trouve souvent 1 mois pour un employé et 3 mois pour un cadre, mais vérifiez toujours votre convention collective (son nom figure sur votre fiche de paie).
Le préavis commence le jour où l'employeur reçoit votre lettre (ou le jour de la remise en main propre).
Peut-on partir plus tôt ?
- Vous demandez une dispense et l'employeur l'accepte : vous partez plus tôt, mais vous n'êtes pas payé pour la partie du préavis non faite. Faites confirmer l'accord par écrit.
- L'employeur vous dispense de lui-même : il doit vous verser une indemnité compensatrice correspondant au préavis non effectué.
Démission et chômage
En principe, une démission ne donne pas droit aux allocations chômage. Il existe toutefois des démissions dites « légitimes » (par exemple pour suivre son conjoint qui déménage pour son travail) qui ouvrent droit à l'indemnisation, ainsi qu'un dispositif pour les salariés qui démissionnent avec un projet de reconversion ou de création d'entreprise validé au préalable. Renseignez-vous auprès de France Travail avant d'envoyer votre lettre.
Si vous souhaitez partir et que votre employeur est d'accord, la rupture conventionnelle est une autre solution : elle ouvre droit au chômage et à une indemnité.
Et l'abandon de poste ?
Quitter son poste sans prévenir n'est pas une bonne idée : depuis 2023, l'employeur peut mettre le salarié en demeure de revenir, puis le considérer comme démissionnaire s'il ne reprend pas le travail dans le délai fixé (au moins 15 jours). Le salarié est alors traité comme s'il avait démissionné, sans droit au chômage.
Questions fréquentes
Peut-on revenir sur sa démission ?
Seulement si l'employeur l'accepte. Une démission claire et réfléchie est définitive.
Les congés payés non pris sont-ils perdus ?
Non. Ils vous sont payés avec votre solde de tout compte, sous forme d'indemnité compensatrice de congés payés.
Quels documents reçoit-on en partant ?
Le certificat de travail, le reçu pour solde de tout compte et l'attestation France Travail.
Sources officielles
Ce guide donne des informations générales, vérifiées à la date indiquée. Il ne remplace pas l'avis d'un professionnel (avocat, expert-comptable, notaire) pour une situation particulière.